À Montréal et ailleurs dans le monde, il semble y avoir un intérêt grandissant envers les projets collaboratifs. Il s’agit d’initiatives qui placent les usagers au cœur de la démarche de développement et/ou de réalisation. Ces projets se caractérisent par le partage de l’information et de la connaissance entre les acteurs. Des individus soucieux de l’avenir de leur société et de leur ville se mobilisent en tant qu’acteurs de changements afin d’avoir un impact positif sur leur communauté et leur environnement.

Porteurs de ces mécanismes de changement

Ils sont nombreux à se mobiliser et ils le font sous différentes formes : communautés de partage de connaissances, plateformes collaboratives, centres de cocréation et d’innovation, agences de services, laboratoires d’innovation sociale, etc. Différentes approches sont considérées, mais ils ont tous un but commun : favoriser le changement et le progrès au sein de leur communauté.

Ne serait-ce que pour en nommer quelques-uns, à Montréal plusieurs organismes et associations comme Espace temps, Projektae, Living Lab Montréal, Hacking Health et Pôle IDEOS sont nés de cette volonté de créer un univers de partage de connaissances, d’accroitre l’impact des démarches sociales et solidaires, d’offrir des services aux ONG et entreprises à vocation sociale (de la formation à l’accompagnement) afin de mobiliser et catalyser l’innovation et l’entreprenariat social. Il en est de même un peu partout dans le monde. Au Brésil plus particulièrement, vue ses grandes inégalités sociales, on y retrouve des initiatives similaires comme Meu Rio, le Laboratoire DESIS, Atados, Rio+Centre et plus encore.

Living Labs, incubateurs, accélérateurs de projets

Les citoyens se mobilisent localement et tentent de favoriser les synergies collaboratives afin d’être vecteurs de transformation sociale. Il s’agit d’une approche où les citoyens sont au cœur d’un processus de création et d’innovation et qui permet le développement d’initiatives en réseaux. En outre, ils peuvent donner naissance à des ateliers de partage et d’échange d’idées qui permettent de solutionner ensemble des enjeux de toutes sortes (sociaux, environnementaux et économiques) de façon durable.  

Les Living Labs offrent généralement des espaces de travail ouverts qui visent à développer une proximité entre les différents acteurs et favoriser leur collaboration. À Montréal ce concept d’espaces de co-travail est de plus en plus populaire auprès des travailleurs indépendants et compte aujourd’hui au-delà d’une cinquantaine d’adresses.

Retombés des projets collaboratifs

Faire Montréal est un mouvement citoyen qui vise à soutenir les initiatives populaires. Il a vu le jour suite à l’initiative Je vois Mtl qui souhaitait encourager l’idéation de projets à retombées sociales, humaines ou économiques à Montréal. Les participants ont présenté cette année une diversité de projets. Ce sont en effet 272 projets qui ont été proposés en 2016 via cette plateforme collaborative.

Cet été, Protégez-vous a publié un article au sujet de l’économie du partage et a révélé plus de 180 plateformes au Québec favorisant l’échange de biens et/ou de services. Autrement dit, ce sont 180 organismes ou groupes d’individus qui se sont mobilisés dans le but de transformer les modèles d’organisation et d’améliorer les pratiques sociales. La création de projets d’économie collaborative comme La Remise, créée par le regroupement citoyen Villeray en transition, de projets d’innovation durable comme le Technopôle Angus, ou de projets de soutien en pédagogie et en santé comme l’Extension, sont quelques heureux exemples.

La co-innovation, un phénomène qui prend de l’ampleur

Parmi la théorie, nous avons vu une attention grandissante portée envers la gestion et la satisfaction des parties prenantes, puis envers la notion d’acceptabilité sociale (Bourne 2009 & Savard 2013). Déjà, nous avons vu à travers les méthodologies Agiles et les «user stories» une certaine évolution, notamment via les rétroactions plus constantes auprès des usagers. Aujourd’hui, les approches sociales et inclusives sont de plus en plus envisagées, car elles permettent une intégration soutenue et flexible des projets. En effet, elles sont davantage aptes à accueillir le changement et s’appliquent parfaitement aux contextes d’incertitude élevée et où la solution à développer semble complexe. Bien entendu, elles comportent également certaines limites comme la vitesse des processus liée au grand nombre de contributeurs, la gestion des dialogues et les débordements.

En somme, il est encourageant de constater que les initiatives sont de plus en plus nombreuses, et toujours avec cette volonté de créer un monde meilleur. N’hésitez pas à partager vos idées. Il existe une communauté grandissante d’individus prêts à se mobiliser, à défendre des idées, assurer un futur meilleur, équitable et durable.

Article rédigé par Myriam Blais-Guérette

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