À l’aube du XXIe siècle, comment l’innovation sociale peut-elle contribuer à répondre aux besoins sociaux de notre époque?

Comme affirmé par le philosophe Francisco Varela, « la capacité de mobiliser l’expérience collective pour en dégager des apprentissages et des solutions répondant aux problèmes complexes sera l’enjeu le plus important du 21e siècle ! » L’un des défis de notre ère sera donc d’apprendre à partager et à collaborer collectivement. Les projets d’innovation sociale peuvent être source de transformations sociales, et ce en résolvant les problèmes sociaux complexes plus adéquatement et durablement que les solutions existantes. Ainsi,aujourd’hui, l’une des compétences de plus en plus valorisée chez les gestionnaires de projet est de « savoir innover en adéquation avec les besoins de notre temps ». Encore faut-il savoir comment gérer les processus collaboratifs de mise en œuvre de ces projets d’innovations sociales.

En vue d’outiller les organisations, gouvernements, et acteurs oeuvrant dans ce domaine, le Laboratoire d’innovation sociale (LABIS) de l’Institut du Nouveau Monde (INM) a élaboré un modèle de création d’innovation sociale composé de cinq phases. Le LABIS se base sur un processus de résolution collaboratif en rassemblant une variété de parties prenantes pour concevoir des solutions innovantes à des problématiques sociales.

  1. Rassembler les parties prenantes

Le LABIS vise à mettre à profit l’intelligence collective par la collaboration entre divers innovateurs sociaux et citoyens. Pour cette première phase, les différentes parties prenantes entament le diagnostic de la problématique choisie via des recherches exploratoires, entretiens et revues de littérature.

  1. S’immerger dans l’écosystème

Dans le but de dresser un premier état de la situation actuelle, le LABIS organise des laboratoires d’initiation de deux à trois jours, ainsi que des visites terrain. Ces ateliers basés sur des méthodologies collaboratives peuvent prendre la forme de forums ouverts, approches de scénarios, récits de vie ou conversations café.

  1. Prendre une distance créative

Lors de la formulation de solutions originales, cette phase a pour objectif de réfléchir en favorisant une distanciation face à la problématique concernée. Pour s’y faire, le LABIS planifie des laboratoires créatifs de deux à trois jours. Lors de ces ateliers de réflexion prospective, plusieurs médiums artistiques et techniques créatives sont utilisés, tels que des cartes mentales, analogies, etc.

  1. Cocréer et expérimenter

À cette étape, des prototypes, des projets pilotes ainsi que des voyages d’apprentissage sont réalisés pour concevoir des structures et projets novateurs. Le LABIS s’inspire de pratiques d’ailleurs en se basant sur un processus de cocréation et d’expérimentation.

  1. Pérenniser les innovations

Les acteurs créent un modèle d’affaires et effectuent une évaluation des leçons apprises et défis rencontrés lors des phases antérieures, afin d’encourager la pérennité de ces nouveaux projets. De nouveaux cycles d’entretiens et d’ateliers sont réalisés pour rejoindre de nouvelles parties prenantes.

Que l’innovation soit issue du secteur public, privé ou du secteur associatif d’économie sociale, ce modèle dynamique évolue constamment avec les parties prenantes. Bien évidemment, les projets d’innovations sociales ne se restreignent pas à un processus unique. Cet outil de référence du LABIS contribue ainsi à préciser les premiers contours de la gestion de projets d’innovation sociale au Québec.

Source : LABIS – Institut du Nouveau Monde, (2013). Processus collaboratifs pour trouver des solutions à des problèmes sociaux complexes. Repéré sur : http://inm.qc.ca/Centre_doc/33-Labis_reference.pdf)

Article Rédigé par Anne-Gaëlle Conoir

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